Les aménagements en droit comment ça marche ?

J’ai vu passer hier sur le groupe Facebook de mon groupe de fac un message concernant les partiels de samedi en droit civil. Avec en commentaire ce message « Madame dans quelle salle seront les étudiants 1/3 temps ou en situation de handicap ? Merci »

Car oui les aménagements ce n’est pas que pour la PACES et ce concours histoire de le rendre « un peu plus juste ». Non y’en a partout. Et même si beaucoup sont identiques à la PACES j’en ai découvert en arrivant en droit.

Et parce que mon handicap et mes problèmes de santé n’ont pas disparu avec la PACES (étonnant n’est ce pas 😇) et bien j’ai du avant même d’avoir mon inscription finalisée retourner voir Handiversité et le SCMPPS (la médecine universitaire).

Parce que oui PACES ou non ils sont toujours chefs d’orchestres de tout cela.

Un premier rendez-vous avec la responsable d’Handiversité très rapide.

« Pas grand chose a changé depuis septembre ?

– Non

– Bon donc on repart avec la même chose juste pas de tuto H seulement comme y’a plus les cours en vidéos on va rajouter la prise de notes en amphi. Et la dispense d’assiduité en TD »

Dispense d’assiduité en TD qu’est-ce donc que cela ? Une ligne sur un papier qui me permet de ne pas avoir zéro en TD en cas d’absences répétées.

Je m’explique : En droit à la différence de la PACES les TD sont obligatoires. Et si on a 3 absences ou plus par TD on a zéro à la partie TD. Sauf évidemment si les absences sont justifiées par certificat médical. Sauf que dans mon cas je ne vais pas chez le médecin chaque fois que j’ai trop mal et que je reste clouée au fond de mon lit sous antalgiques. Ça compte donc pour l’administration de la fac pour une absence illégitime / injustifiée. Avec une dispense d’assiduité au moins les chargés de TD sont au courant et ils savent que je peux être amenée à être souvent absente mais je suis pas pénalisée.

La médecine universitaire qu’a-t-elle fait de plus ?

Elle a validé les aménagements préconisés par Handiversité m’a de nouveau accordé un tiers temps pour les examens justifié purement par le fait que je passe mon temps à faire des aller retour car l’immobilité est douloureuse (et potentiellement que je peux avoir un cerveau au ralenti à cause des médicaments). Alors j’ai un peu l’impression encore aujourd’hui que ce tiers temps je le mérite pas. Après tout j’ai fini mon partiel de droit civil à peine après le temps classique la semaine dernière. Bref le syndrome de l’imposteur, cette plaie. Parce que j’ai passé 3h à me lever et déambuler dans l’amphi aussi.

Mais bon si elle me l’a donné c’est que c’est nécessaire 🙂

En fait, PACES, droit, pas grand chose qui a changé pour moi de ce point de vue là. Mais je suis toujours étonnée du peu d’étudiants en aménagements pour les partiels. Si vous en avez besoin allez y ! Prenez rendez-vous ! Parce qu’étudier dans les meilleurs conditions possibles, l’égalité des chances, c’est un droit. Faites le valoir ce droit (pour ceux que ça intéresse article L123-4-2 du code de l’éducation). Je l’ai déjà dit quand j’en ai parlé sur la PACES mais ne laissez pas votre égo votre fierté une honte quelconque vous priver de votre réussite et de l’avenir que vous voulez.

 

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Et maintenant du droit..

Dans le monde du petit oiseau bleu ce n’est plus un secret.

Je suis passée dans la fac d’à côté comme on me l’a dit hier (coucou petit bonhomme). Chez les juristes.

Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir fini l’année ? Et pourquoi faire ?

Depuis le début de cette année je n’étais plus sure de moi, de ce que je me voyais faire les 40 prochaines années de ma vie.

J’étais passée déjà de médecine à tout prix à pharmacie et droit pour faire un double cursus.

Le droit ayant refait son apparition lors des cours de PACES en janvier dernier me faisant déjà envisager une réorientation à ce moment là.

Le droit. Cette discipline que je côtoie depuis toujours. Milieu dans lequel je baigne. Toute petite déjà j’allais voir mon grand-père dans les vieux locaux de l’étude et après être passée dans tous les bureaux je m’assoyais dans son fauteuil en cuir j’avais l’impression d’etre grande dans ce bureau de notaire pleins de dossiers partout. Petite encore je m’amusais en allant à l’etude travailler  avec ma mère à piquer ses dossiers me balader dans les couloirs avec et faire comme si j’etais une grande. Puis je me posais dans un bureau et essayais de comprendre ce langage à part qu’est le langage juridique.

Le droit. C’est ce que je répondais vouloir faire plus tard au collège. Ou médecine je savais pas. Mais droit d’abord au début.

Puis en 4ème sans vraiment savoir pourquoi (le sourire charmeur de Doug Ross peut être ?) je ne répondais plus que médecine. Et ça a été ça jusqu’en première. Où ma prof de Français, grande amie de mes grands-parents me répétait que j’etais trop littéraire pour faire médecine, que ce serait gâcher mes capacités littéraires et que je serais bien plus heureuse en droit.

Et l’air de rien elle m’a un peu fait douter. Mais j’ai quand même mis PACES sur APB. Parce que le milieu médical me passionnait et que je voulais tenter.

Et puis les résultats l’année dernière sont tombés, fallait redoubler. Ceux de cette année aussi. 1600. Pharma aurait pu être possible.

Mais j’ai réfléchi.

Qu’est ce que je faisais là ?

Moi la gamine littéraire au milieu de QCM ? Et j’ai eu ma réponse. Oui j’adore le milieu médical. Vraiment. Mais ces matières m’intéressent pas. Sauf une. Celle où il faut rédiger réfléchir et pas que apprendre par cœur.

Alors oui le milieu médical m’intéresse. Et c’est pas parce que je suis maintenant en droit que ça ne m’intéresse plus. Au contraire j’en découvre un autre versant. Que je trouve passionnant et que j’adore creuser.

Et je sais que c’est ça que je ferais plus tard

Parce que comme mes parents me l’ont assez répété « Cam il n’y a pas que médecine dans la vie »

Et ils ont raison. Mais la médecine, le monde médical, c’est passionnant.

Et rien que pour ça je serai juriste en droit de la santé 🙂

Les aménagements en PACES

« C’est déguelasse », « c’est du favoritisme », « ça devrait pas exister » ou bien encore « oh trop de chance » sont des expressions qui reviennent de manière régulière quand des étudiants en PACES apprennent que j’ai le droit à des aménagements spéciaux.

À cause des trois premières réactions mais aussi parce que je me sens « normale » j’ai lutté pendant longtemps pour ne pas demander ces aménagements parce que j’avais l’impression de ne pas, de ne plus, être sur un pied d’égalité avec les autres.

Et puis un jour on m’a fait comprendre que les autres étaient des idiots mais que d’une certaine manière je l’étais aussi puisque je n’étais pas sur un pied d’égalité avec les autres étudiants. Je partais m’a-t-on dit « avec les pieds plombés » et ces aménagements auxquels j’avais droit servaient tout simplement à alléger légèrement cette charge de plomb qui me ralentissait.

Parce qu’en PACES comme partout ailleurs il existe des aménagements pour les étudiants en situation de handicap, aménagements qui dépendent bien sûr du type de handicap mais également de ce qu’il est possible de faire. La PACES étant un concours les aménagements sont comment dire… limités.. Enfin dans mon cas du moins mais déjà il y en a et je ne vais certainement pas m’en plaindre !

Il existe deux types d’aménagements : les aménagements d’étude et les aménagements d’examen à proprement parler, gérés par deux services distincts mais qui travaillent ensemble que sont Handiversité et la Médecine Universitaire.

Handiversité est un service dépendant de l’université et qui gère tout ce qui est amènagements des études c’est à dire accorde aux étudiants tous aménagements nécessaires à la simplification du cursus et de l’année universitaire en elle-même. En PACES cela peut aller d’un étudiant qui prend des notes pour vous en cours ou en TD si cela est compliqué en cas de problème moteurs ou orthographiques. Mais il y a également des aménagements plus spécifiques comme par exemple des sièges adaptés en cas de problèmes de dos ou autre, une aide humaine pour les étudiants qui en ont besoin, l’utilistions de l’ascenseur plutôt que des escaliers, des salles de repos mises à disposition à la fac mais aussi un tutorat handicap aussi parfois appelé tutorat santé 😉

Qu’est-ce donc que cela ? Un tutorat réservé réservé aux étudiants en situation de handicap où au lieu d’avoir un tuteur pour un amphi il y a un tuteur pour 4 ou 5 étudiants maximum. Un peu comme des cours particuliers en fait. 😉 Il arrive parfois qu’il y ait des séances qui ressemble à de vrais séances individuelles  si on ne peut se rendre à une séance à cause de rendez-vous médicaux ou parce que l’on est pas en état d’y assister.  Alors le tutorat handicap ne s’adresse cependant pas à tous les étudiants en situation de handicap. En effet dans ma fac il ne concerne que les handicaps physiques mais pas les étudiants atteints de dyslexie ou autre sinon il y aurait trop d’étudiants concernés et cela ne serait plus gérable…

Une fois l’année passée dans les meilleures conditions possibles le moment tant redouté du concours ou pour les années supérieures des partiels. Il existe là aussi des aménagements qui dépendent cette fois-ci de la Médecine Universitaire. Et tout comme pour l’aménagement de l’année les aménagements de concours sont divers et variés. Sujets imprimés sur une feuille A3, accès au lieu d’examen en voiture, droit d’avoir des médicaments sur sa table (petit truc tout bête mais salvateur quand on prend autre chose que du doliprane car on doit leur faire passer l’ordonnance 😇), majoration du temps, siège adapté, droit de se lever pour déambuler ou aller au toilettes, secrétaire d’examen… Il y a autant d’aménagements possibles qu’il y a d’handicaps et d’étudiants en difficulté.

L’attribution des aménagements est décidée lors d’un rendez-vous à la Médecine Universitaire auquel prennent part un médecin et une infirmière qui vous posent des questions sur vos problèmes, vos aménagements passés et définissent avec vous les meilleurs moyens de compenser votre handicap.

Il faut savoir que majoration du temps ne veut pas nécessairement dire tiers-temps total, parfois peuvent n’être accordées que 10 minutes en plus par épreuve.

Tout cela n’est pas facile à accepter parce que ces clichés ont la vie dure et on se dit parfois que l’on ne mérite pas tout cela.

Mais si vous avez des problèmes de santé quels qu’ils soient ne renoncez pas par fierté à ces études-là et à ces aménagements (qui sont des droits) parce que certes parfois cela vous avantage mais pas nécessairement.

Je m’explique. Du temps en plus en PACES cela sert toujours c’est indéniable mais à moins d’être dyslexique cela ne compense pas réellement votre handicap. Ce n’est donc pas du favoritisme mais juste le seul moyen que l’on trouve actuellement pour compenser le jour du concours les jours où en amont vous n’aurez pas été à 200% de vos capacités comme tous les autres. Ça ne remet en aucun cas en doute vos capacités intellectuelles, votre volonté, ni ne vous définit plus que ce que cela vous définissait par le passé.

Mais ces aménagements sont longs à obtenir et c’est pour ça qu’il ne faut pas vous y prendre à 15 jours du concours ni même en septembre au moment de la rentrée universitaire. Car très souvent cela demande un dossier MDPH à jour ou en cours de réalisation, dossier long à mettre en place. Le mieux est de prendre contact avec ces différents services au moment de votre inscription à la fac pour l’année universitaire qui va nécessiter des aménagements.

Pour terminer quoi qu’il vous arrive croyez en vous vous pouvez y arriver !

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Pourquoi PACES, pourquoi médecine ?

« Pourquoi tu veux faire médecine ? » Qui parmi les personnes qui veulent faire médecine ou sont médecins n’a jamais entendu cette question ? Qui est réellement capable d’y répondre avec autre chose que « pour aider les autres. » ? Pas moi ou du moins pas entièrement.

Alors pourquoi un article ? Parce que j’ai quand même un début de réponse mais aussi pour détruire 2 / 3 clichés.

Etre médecin est pour moi un rêve d’enfant, la première réponse qui me venait spontanément quand on me demandais ce que je voulais faire plus tard. Pour beaucoup de personnes me connaissant c’était étrange. Étrange parce qu’ils s’attendaient à ce que les médecins et le milieu hospitalier me sortent par les yeux, à ce que j’en ai marre et veuille m’en éloigner le plus possible. Mais ces nombreuses années à baigner dans ce milieu singulier ont eu sur moi l’effet inverse. Ce milieu m’a intrigué et j’ai appris à l’apprécier. Et puis sans médecin, sans médecine, je ne serai pas là alors d’une certaine manière je me sens redevable mais je veux également « rendre la pareille » en aidant à mon tour.

Beaucoup veulent faire médecine pour être Dr House ou bien neurochirurgien pour faire comme Dr Mammour.

Sauf que médecine dans la vraie vie c’est ni Dr House ni Grey’s Anatomy.

Un médecin ne voit pas que des cas ultra rares et surtout un médecin ça voit ses patients contrairement à Dr House. Pour ce qui est de Grey’s Anatomy tous les médecins ne sont pas beaux gosses et tous les meilleurs ne sont pas dans le même hôpital à traiter que des cas compliqués. Et puis surtout un médecin dans la vraie vie n’est pas tiré à quatre épingles 24h sur 24.

Dans la vraie vie un médecin c’est entre 9 et 11 ans d’etudes s’il ne redouble aucune année, des semaines de beaucoup plus de 35h et des semaines épuisantes.

Honnêtement si jusqu’à maintenant votre motivation pour vous lancer en médecine était ces séries je vous conseille d’aller discuter avec des médecins, d’essayer dans la mesure du possible de les suivre pendant une journée pour voir ce qu’il en est vraiment. Parce que la PACES c’est dur et que même si je trouve que les études derrière en valent la peine peut être que certains déchanteront après s’être renseigné. Mais mieux vaut le faire avant qu’après la PACES pour ne pas prendre un voire deux ans de sa vie pour au final quelque chose qui ne vous plaira pas.

Mais si vous êtes renseigné et que cela vous plait foncez et donnez vous à fond car tout ça en vaut la peine..

Mon histoire

Je ne peux décemment commencer ce blog sans raconter mon histoire et la cause de mon handicap sinon cela n’aurait pas d’intérêt du moins à mon sens.

Un jour de juillet 99 une femme se présente à l’hôpital car elle a des contractions. Jusque là rien d’anormal chez une femme enceinte sauf que cette femme est enceinte de 24 semaines d’aménorrhée (semaines d’absence de règles) soit 22 semaines de grossesse c’est a dire à peine 5 mois et demi là où une grossesse normale en compte 9. Cette femme c’est ma mère et le bébé qu’elle attend c’est moi.

Son gynécologue au début réticent à pratiquer l’accouchement fini par le faire et je suis prise en charge par l’équipe de réanimation néonatale qui me réanime et m’intube pour me permettre de respirer. Je mesure alors à peine plus qu’un double décimètre (12 cm de plus) et pèse moins d’un kilo.

Je vais passer 6 mois à l’hôpital ou mon corps va petit à petit se mettre à fonctionner à l’exception de mon cerveau qui va subir une hémorragie qui se résorbera petit à petit mais va me laisser des séquelles. Et alors que lors de ma sortie on annonçait à ma mère l’apocalypse comme quoi je ne marcherai pas aurai des problèmes auditifs et de langage ainsi que visuel je n’ai « qu’une » hémiplégie c’est à dire qu’un côté de mon corps ne marche pas. En fait j’ai plutôt une hémiparésie c’est à dire que j’ai un côté du corps très limité dans ce que je peux ou ne peux pas faire.

A cause de ça j’ai un suivi médical et paramédical (kinésithérapie) régulier.

Mais j’ai également un tendon d’Achille qui s’est rompu me causant d’importantes douleurs et nécessitant là aussi un suivi régulier mais également un traitement journalier.

Ce sont toutes ces choses qui font de moi cette « étudiante en PACES pas comme les autres » même si pour moi je suis juste une étudiante « normale » 😉

Qui suis-je et pourquoi un blog ?

Moi c’est Camille ou comme on s’amuse à m’appeler chez moi DrCamomille et je suis étudiante en PACES. Oui mais une étudiante en PACES pas comme les autres…

En effet j’ai un handicap moteur, séquelle d’une hémorragie cérébrale néonatale. Mais malgré cela je suis en PACES et je veux devenir médecin. Alors oui je dis je suis en PACES car bien que l’année universitaire soit terminée et le concours passé je redouble. Comme près de 80% des étudiants…

Maintenant pourquoi un blog ? Déjà parce que j’aime écrire et puis ensuite parce que j’aurais avoir des infos sur ce que c’est que de faire une PACES quand on a des problèmes de santé avant de commencer mon année.

C’est pourquoi je vais non seulement parler PACES mais également parler handicap et PACES avec un handicap ici.

J’espère que tout ça vous plaira 🙂

DrCamomille